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Jean-claude Fournier, un ancien bouchattais

s'est fait connaître dans la région en écrivant des romans sur sa jeunesse à Montluçon dans les années soixante.


Le dernier tome de sa trilogie, (Swinging mai 68) est paru en mai dernier. Il récidive au mois de novembre de la même année avec « Si Montluçon nous était conté », dont  il nous parle dans le texe ci-dessous :
« Comme le sous-titre l’indique, ces chroniques de la vie quotidienne sont écrites, de manière assumée, dans un registre de langue parlée, telle que l’on peut encore l’entendre aujourd’hui en surprenant une conversation dans les milieux populaires de la ville industrielle dont il C’est cette gouaille particulière, tout à la fois pittoresque et poétique (à sa manière parfois rugueuse il est vrai), que j’ai voulu capter ̶ et contribuer à préserver peut-être ̶ , en choisissant de faire parler mon narrateur et les quelques personnages qui interviennent au cours de passages dialogués, dans une langue peu académique. C’est du français, n’en déplaise aux ayatollahs de la syntaxe, un parler qui fut enrichi au cours des siècles par les différents apports, patoisants ou non, de toutes les populations échouées dans notre bassin industriel pour y trouver du travail. C’est ce caractère « synthétique » qui en fait l’originalité et l’intérêt qu’il peut y avoir à ne pas se contenter d’un lexique recensant les mots ou tournures les plus « amusantes », comme le font déjà très bien les divers lexiques et dictionnaires du parler local parus dans le commerce. Je me suis efforcé, au contraire  ̶ comme je l’ai déjà fait dans les trois romans de ma trilogie  ̶ , d’insérer ces expressions dans une trame narrative continue. Mais cette fois-ci, le parler local est employé de manière plus systématique encore, ceci afin de voir comment cette « langue » particulière, pouvait apporter un « supplément d’âme » à la façon dont nos concitoyens tentent de dire le monde, d’exprimer leur tristesse, leur « vezon » ou leur « via » par exemple, qui sont autre chose que le blues des noirs américains, que le spleen Baudelairien ou que le « mal du siècle » des romantiques après Châteaubriand. Des auteurs illustres ont tenté de faire cela, bien sûr, et ont réussi dans cette entreprise bien mieux que moi sans doute.
Pour ne citer que deux « pays » et en guise de justification, je me contenterai, très immodestement, d’évoquer la manière dont George Sand fait parler ses personnages dans ses romans champêtres et dans les maîtres sonneurs en particulier.
Et puis, plus proche de nous et de ma manière de procéder, il y a Emile Guillaumin, l’écrivain paysan qui a « commis » un savoureux recueil de saynètes en langue locale, intitulé Au pays des ch’tits gars. Dans ce recueil, je me reconnais tout à fait :  dans sa manière de signaler les contractions de la langue parlée : « Pas d’ danger », « Ah, j’tiens la lampe », « un moment d’plus ou d’moins » ; dans la façon de faire redoubler le nom sujet par un pronom personnel, comme le font d’ailleurs les gens les plus cultivés eux-mêmes, lorsqu’ils parlent à un ami et souhaitent créer plus de complicité entre eux : « La vieille, j’la r’garde pas… »
 dans les entorses grammaticales qu’il se permet, en omettant,  par exemple, le « ne » ou le « n’ » apostrophe de la forme négative : « j’veux pas m’lever d’aujourd’hui. », « t’as pas encore été assez malade », « j’ai rien boulotté d’puis c’matin… » ; dans la manière dont il « aggrave son cas » envers les « fâcheux », pour ainsi dire, en allant (quelle hérésie penseront certains !) jusqu’à modifier l’orthographe pour rendre la prononciation locale : «nous aut’ aussi », « Faut ben quèques p’tits moments de plaisir ! », « t’as pas pus d’tête qu’un gamin d’cinq ans », « C’est qu’jai l’vent’ creux, moi », « C’est pas c’qu’y m’f’ra prend’ la besace pus vite… » ; - et enfin, noblesse oblige, pour nous autres, qui sommes "nés quelque part " dans notre façon d'abuser du "y" en lieu et place du pronom personnel adéquat: «j't'y'ai dit" au lieu de "je te lai dit" par exemple Jean-Baptiste Poquelin, lui-même, a d’ailleurs jugé nécessaire de faire parler ses paysans en patois de l’île de France dans l’acte II de son Don Juan.
Alors, si le grand Molière se permet de tels écarts par rapport à la norme, pourquoi pas moi après tout...

Dates des dédicaces et marchés de Noël auxquels
Jean-claude Fournier participera dans les jours qui suivent :

- 15/12 : Dédicace à la librairie au plaisir de lire à Commentry
- 16/12 : Dédicace au magasin Auchan, toute la journée
- 17/12 : Marché de noël de villebret, toute la journée.